Samuel Lubin ( Edgar Nibul) 1862-1948

Samuel Edgar Lubin, connu aussi sous son pseudonyme Edgar Nibul (qui est l'anagramme de son nom) fut l'artiste guyanais le plus célèbre de la période de l'entre-deux-guerres. Une rue de Cavenne porte son nom depuis 1966..

Samuel Lubin est né le 19 septenbre 1862 à Cayenne, fils, d'Angélique Lubin et d'un nommé Bazenski qui s'adonnait à la musique classique. De là viendrait le penchant de Lubin pour la musique. Après des études primaires à Cayenne, il se rend en Martinique pour poursuivre ses études secondairesoù il passe son baccalauréat puis part en France pour entreprendre des études de pharmacie. Parallèlement à ses études pharmaceutiques, il suit des cours de musique au Conservatoire National de Paris. Après ses études, il s'installe en France et épouse une Française avec laquelle il a une fille, Germaine, qui deviendra d'ailleurs une célèbre cantatrice. Un peu avant le premier conflit mondial, à la suite d'un différend avec sa fille, il rentre en Guyane. Il travaille tout d'abord seul à son officine (située à l'angle des rues Général De Gaulle et Justin Catayée), avant de s'associer avec un autre pharmacien Mr Michely. Il devient ensuite manipulateur à l'hospice St-Denis avant de quitter définitivemant le milieu médical pour se consacrer à la musique et en vivre. Il était membre de la "Société des Auteurs-compositeurs de France" et, membre en Guyane de deux associations culturelles, "La Lyre orphéonique" et "Les Amis du Livre" .

 Agé d'une soixantaine d'années, il donne des cours de musique et obtient un poste de professeur de musique au "ti-collège". Voyant de plus en plus mal, il est forcé de quitter l'enseignement et commence à mener une vie misérable au 70, rue Madame Payé. Vu la précarité de la situation financière de Samuel Lubin, ses anciens élèves organiseront une fois une soirée musicale où on interpréta toutes ses oeuvres et dont les bénéfices lui furent versés. Dans le besoin, Lubin vend petit à petit tous ses biens: il cède, vers 1938, ses partitions à un fonctionnaire des douanes métropolitain, il se sépare de son piano, conçu en bois de rose, dont son ami Sabbas fait l'aquisition. Il finit par vendre le terrain et la maison où il habite à Mr Benjamin, pharmacien comme lui., et c'est pauvre et malade qu'il meurt le 7 avril 1948, à l'âge de 86 ans.

Dans ses rmémoires, Michel Lohier a écrit : "Le barde guyanais Samuel Lubin musicien et compositeur, notre bien sympathique Edgar Nibul, pendant un demi-siècle et plus, interprète dans ses chansons spirituelles et satiriques tantôt en français, tantôt en patois, les moeurs, les coutumes et les activités du pays. Durant les périodes électorales, il mettait souvent en chanson les adversaires de son parti". Fidèle partisan de Gaston Monnerville, il le loua dans beaucoup de ses chansons ( entre autres dans "cé ti momo", "ça ou fait là", vive nou député"). Sa vie sentimentale fut quelque peu agitée en Guvane et on le voyait souvent entouré de jolies filles. Il eut d'ailleurs un autre enfant, Geneviève Aupoint, avec une certaine Mme Hersil.

Outre ses chansons politiques (il était d'usage à cette époque d'écrire et de chanter des chansons satiriques contre les adversaires de son parti), Edgar Nibul a composé plusieurs chansons (environ 80) dont deux restent encore célèbres à notre époque :

  1. "Nos richesses", qu'il écrivit en 1935 sur un air de valse-gragé, à l'occasion des fêtes du tricentenaire du rattachement de La Guyane et des Antilles à la France.
  2. "Mouvement d'avion" à l'occasion de l'arrivée à Cayenne du premier avion (un hydravion) qui avait amerri dans l'anse du Gouvernement.
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