Histoire des Marrons du Maroni en Guyane

Depuis 1600, date des premières habitations esclavagistes au Surinam, le marronnage est une réalité et devient un foyer de préoccupations constantes pour leurs propriétaires. Les esclaves fuient les plantations en remontant les rivières et en s'installant dans les marais.

Les Boni s'installent donc à Sparouine en Guyane Française.

L'installation des Bonis en Guyane provoquent chez les colons français des réactions mitigées :

  • Certains craignent que tôt ou tard, les hostilités entre Boni et Hollandais ne reprennent et que ces derniers n'exercent leur "droit de suite" sur le territoire français.
  • D'autres voient là une possibilité de combler, grâce à un apport de marrons (pas seulement de Boni, mais également Djuka et Saramaca) le déficit de population, de main-d'œuvre qui constitue un des handicaps majeurs de l'économie de la colonie française par rapport à sa voisine de l'ouest. Le rapport du baron Bessner, ancien dirigeant (1773) de la colonie est très représentatif de cette tendance. Bien intentionné, traduisant une conception très éclairée de la situation des populations noires concernées, il pêche par manque de réalisme et une mauvaise information sur les conditions réelles de leur existence et de leurs motivations. En particulier, Bessner, comme beaucoup d'autres responsables français concernés par ce problème, aura des estimations très fantaisistes quant au nombre réel des Boni.

Dans cet état de choses, le gouvernement français préfère ne pas choisir. Sans s'opposer aux Boni, il ne leur accorde jamais de reconnaissance officielle, leur adressant toujours des envoyés sans vrai mandat. De plus, son attitude fluctue selon les représentants de la France en Guyane.Il y a même parfois désaccord entre des dirigeants d'une même époque. Ces lenteurs, ces incertitudes, ces contradictions de la politique française à leur égard, va entraîner une méfiance de plus en plus grande de la part des Boni et une dégradation de leurs rapports avec les français. Elle sera aussi une source de malentendus qui engendreront une série de tragédies individuelles et collectives (affaires Leprieur, Gabaret, Cafésoca). Elle sera indirectement à l'origine de la reprise des hostilités contre la Hollande, de la mort des chefs boni, de la fuite du groupe et de sa mise sous tutelle djuka.